La dépendance des personnes âgées
En 2022 plus d’un Français sur deux sera agé de plus de 63 ans.
Hommes et femmes ont une espérance de vie qui croît d’année en année et vivent de plus en plus tard en restant autonomes pour les
actes de la vie courante.
Cependant , inexorablement , si un accident brutal ne met fin au cours de la vie , la dépendance s’installe , plus tôt ou plus tard
selon les individus , brutalement à la suite d’un accident de santé , ou à bas bruit , jour après jour , rendant la vie quotidienne de plus en plus difficile.
Quand la perte d’autonomie est brutale , à la suite d’une fracture ou d’un accident vasculaire cérébral par exemple , la famille de la
personne âgée se trouve soudain confrontée à une situation difficile qu’il faut résoudre dans l’urgence.
Lorsque la dépendance s’installe progressivement , la personne âgée va tenter le plus longtemps possible de cacher ses difficultés qui
de ce fait ne feront que s’aggraver , jusqu’au jour où il y aura une prise de conscience douloureuse et qu’alors des décisions devront être prises , parfois sans le consentement de la personne au
cœur du problème.
Alors , que faire ? de quels moyens disposons-nous pour faire face à des situations qui toutes se ressemblent et toutes sont un
cas particulier ?
La France et notre région en particulier disposent d’un nombre d’établissements certes encore insuffisant , mais pas de façon criante
, pour accueillir les personnes ayant perdu leur autonomie ou qui ne souhaitent plus rester vivre seules chez elles.
La qualité de la prise en charge des personnes âgées dans ces établissements a été considérablement améliorée depuis la réforme créant
les EHPAD (établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes) en lieu et place des maisons de retraite et de certains foyers-logement.
Cependant toutes les personnes âgées n’acceptent pas l’idée de quitter leur domicile , et le coût de l’hébergement est très élevé face
à des niveaux de pensions de retraite modestes , même si des solutions peuvent être trouvées à ce problème.
L’option du maintien à domicile est le souhait le plus souvent exprimé par les personnes âgées et leurs familles.
Ce maintien ne pourra être possible et permettre une vie digne à la personne âgée , que s’il est accompagné par les services d’aide et
éventuellement de soins à domicile.
Je crois que c’est dans ce domaine que le manque est le plus important actuellement.
Pour que l’aide apportée soit adaptée et efficace , il faut disposer de la capacité de faire appel à des services réellement
professionnalisés , mais il y a là un fabuleux réservoir d’emplois .
Par ailleurs pour bénéficier de la prise en charge financière partielle de ces aides à domicile , les professionnels doivent être
proposés par des services agréés par l’autorité départementale et les caisses de retraite.
Quant aux services de soins à domiciles , plus que le tout le restant du secteur sanitaire , ils souffrent d’un manque d’effectifs
(aides-soignantes et infirmières) majeur.
Dans ce contexte , que peuvent faire les familles ?
La création dans les départements de centres pluridisciplinaires d’évaluation et de conseil – les CLIC (centre local d’information et
de coordination) dans notre département , était une excellente idée ; la mise en œuvre en a été laborieuse et l’efficacité reste à prouver eu égard aux moyens mobilisés. Il est certain que
ces lieux où les personnes âgées et leurs familles pourraient être informées , conseillées par des professionnels compétents et orientées rapidement vers la solution la mieux adaptée doivent être
activés , renforcés et mieux se faire connaître.
Face au vieillissement de notre population , qui est une heureuse occurrence , face au désir qu’ont toutes les familles d’assurer une
fin de vie la plus douce possible à leurs parents , face aux personnes âgées qui veulent continuer à vivre sans être une charge pour leurs enfants , se pose bien sûr le financement de la
dépendance , et c’est le nœud du problème.
Le gouvernement de François Fillon a travaillé de longs mois avec de nombreuses concertations dans tout le pays , pour proposer un
plan dont nous devions connaître la teneur en fin d’année 2012 , mais où vraisemblablement une palette de financements devait être proposée.
Madame l’actuelle Ministre chargée des personnes âgées , vient quant à elle de déclarer que tout financement privé de la dépendance
était exclu et que ce risque serait pris en charge par la sécurité sociale .
Cette option peut apparaître séduisante puisque accessible automatiquement.
En revanche , dans le contexte de la crise économique actuelle , on n’imagine pas comment la sécurité sociale dont les comptes sont
lourdement déficitaires , couvrirait ce nouveau volet , sauf à procéder à une hausse massive des taux des prélèvements sociaux.
Voilà donc un problème difficile qu’on aura du mal à résoudre rapidement.
On peut tout de même avoir un regard plus positif vis à vis de la dépendance.
D’abord , là comme dans beaucoup d’autres domaines , il faut développer la prévention ; c’est capital et efficace ; cette
prévention doit être entreprise dès que les hommes et les femmes arrivent à l’âge de la retraite , éviter à tout prix l’isolement en cultivant le lien social , garder une activité physique et
intellectuelle.
Il faut ensuite savoir imaginer des solutions innovantes , telle la proposition d’un logement des jeunes , étudiants ou en début de
vie professionnelle , pour un prix modique , en contrepartie d’une présence et de menus services.
Il faut enfin développer , maintenir voire recréer les solidarités de proximité , emmener la vieille voisine faire ses courses ,
regarder si le vieux monsieur d’à côté a bien ouvert ses volets le matin , ne pas fuir cette vieillesse qu’on ne veut pas voir venir , retrouver la solidarité du cœur.
Les jeunes d’aujourd’hui doivent soutenir les jeunes d’hier.
Xavier Lec’hvien candidat de la droite et du centre pour les élections
législatives